La Basilique du Folgoët

ASPECT GENERAL

Extérieurement, la BASILIQUE mesure 140 mètres de tour, et la partie orientale repose sur un terrain marécageux. Sa partie monumentale est en granit des environs, dans le style breton du 15 è siècle, caractérisé par le plan rectangulaire.

Avant l’incendie de 1708, sa toiture comportait 3 sections: un toit pour la nef, et un toit pour chacun des bas-côtés. L’unique toiture actuelle fut refaite en 1716.

On peut noter aussi l’absence de l’ ABSIDE et le TRANSEPT incomplet avec son bras unique, ainsi que l’absence de fenêtres au-dessus des arcades du chœur.

La façade occidentale est dominée par deux tours : l’une, haute de 54 mètres domine la région environnante ; l’autre, basse et trapue, donne une impression d’inachevé. La double porte qui donne entrée dans la nef était, avant l’incendie, précédée d’un portique en forme de dôme. On distingue encore les deux attaches de l’arcature de devant et le commencement des nervures de la voûte.

Au tympan qui surplombe la porte d’entrée, un bas-relief représente l’adoration des Mages : la Vierge y est couchée, détail inhabituel dans l’art occidental.

Le PORCHE DES APOTRES est une des merveilles de la Basilique. Des guirlandes admirablement sculptées et malheureusement mutilées encadrent l’entrée. Les statues des Apôtres y sont nobles et majestueuses..

En faisant le tour de l’église, on peut admirer les galeries et balustrades, les corniches ornées de feuillages, les encadrements d’anciens blasons, les gargouilles à figures de monstres, et au chevet , la FONTAINE.

 

LE PLAN de la BASILIQUE

    

 

NOTRE-DAME du FOLGOET

   

La Statue est en pierre de KERSANTON de teinte foncée (d'où l'appellation de "Vierge Noire")

 

LE JUBE (10)

Le JUBE est une tribune placée dans une église à la séparation de la nef et du chœur, et à laquelle on accède par un escalier.

Autrefois, on édifiait à droite et à gauche du chœur une tribune appelée AMBON d’où l’on proclamait l’Epître et l’Evangile. Le lecteur demandait la bénédiction de l’officiant en utilisant la formule latine : " JUBE, DOMINE, BENEDICERE ". (Veuillez, maître, me bénir). Du premier mot latin est venu le nom JUBE.Le JUBE du FOLGOET – haut de 5 mètres et large de 6,50 mètres – est l’un des plus beaux de France .Il est en granit de KERSANTON : un mélange de quartz et de mica tirant sur le noir ; le temps lui donne une patine admirable.

Le JUBE se compose de trois arcades en plein cintre ; chacune des arcades est surmontée d’une longue ogive servant de piédestal à trois statues (aujourd’hui disparues ) : celles de la Vierge, du Christ et de Saint Jean.

Cet ensemble est supporté en avant par quatre piliers et les murs du chœur. Le " Kersanton " est partout sculpté, chaque moulure est décorée d’une guirlande. Les feuilles les plus variées s’entrelacent admirablement.

  Sous le JUBE, on remarque deux petits AUTELS :

  • l’un, à gauche, décoré d’une guirlande de feuilles de vigne, est divisé en trois ogives portant trois écussons (martelés à la Révolution) ;
  • l’autre, plus petit, à droite, offre une série de cœurs et contrecœurs posés au-dessous d’une banderole où l’on pouvait lire jadis " Vous qui icy, priez Dieu pour les trépassés ".

On accède à la plate-forme du JUBE par l’escalier pratiqué dans un des piliers, et de là, au petit clocher du milieu de l’édifice.

 

LE PORCHE DES 13 APOTRES (8)

Une troisième entrée située à l'extrême droite du corps principal, à la fois prolongement de l'abside et formant un bras de transept en direction du midi. Le nom de la duchesse Anne reste attaché à cette partie dite "porche des apôtres".

Accosté à gauche par une sainte Marguerite terrassant un dragon-démon ; à droite par un saint Christophe portant un Enfant Jésus sur ses épaules, un arceau gothique sur un vestibule de chaque côté duquel s'alignent douze statues représentant les douze apôtres parmi lesquels figure saint Paul. Entre les deux portes ouvrant sur l'intérieur, une treizième statue. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, elle ne symbolise point le Christ, mais le chef du collège apostolique, saint Pierre (saint Paul est reconnaissable à l'épée qu'il tient en main).

Toutes ces statues, empreintes d'une noblesse hiératique, décapitées sous la terreur, ont recouvré leur intégrité. Elles composent un ensemble qui fait honneur aux artistes bretons.

Au sortir du porche des apôtres, au dessus du saint Christophe portant l'Enfant Jésus, se trouve la statue équestre du grand bienfaiteur du Folgoët, le duc Jean V de Montfort. Le cycle sanctoral fixé dans le granit comporte encore les figurations de sainte Catherine et de saint Jean-Baptiste. En contournant le transept, le visiteur peut admirer des blasons (hélas martelés, illisibles) et surtout des gargouilles avec lesquelles l'imagination des artistes s'est donnée libre cours et une profusion de feuillages ornementaux.

LE TYMPAN de la BASILIQUE (11)
 

Le tympan du FOLGOET (1423) représente l’ADORATION DES MAGES et, EN MEME TEMPS, la scène de L’APPARITION de L’ANGE (malheureusement mutilée). Il est très rare dans notre région de rencontrer les deux sujets réunis dans une même œuvre!
De plus, le thème de la VIERGE COUCHEE est presque étranger à l’art OCCIDENTAL. En effet, la Vierge à l’adoration des Mages reste ASSISE. « Il est probable qu’il n’y ait en France un autre portail d’église représentant l’Adoration des Mages unie à l’apparition de l’ange aux bergers, et où la Vierge soit couchée ».
L’ADORATION des Mages avec la Vierge couchée, unie à l’APPARITION de l’Ange est un thème byzantin, donc un thème ORIENTAL...

Le tympan du FOLGOET présente à la fois deux thèmes orientaux:

- la Vierge couchée de la scène de l’adoration des Mages,

- l’Adoration des Bergers unie à l’Adoration des Mages.

Il présente en même temps un thème OCCIDENTAL :

- les gestes des Rois Mages, en particulier le geste du second montrant l’étoile au troisième.

Remarquer aussi l’indifférence de Saint Joseph devant les Rois Mages : de la main gauche il prend le gland de l’oreiller de Marie. Il est de plus dans une position très inconfortable : la jambe gauche tendue en avant, et la jambe droite repliée sur elle-même.
Les sources de l’iconographie du FOLGOET demeurent mystérieuses.
(D’après la documentation SPREV)

 

LES VITRAUX  et les AUTELS

        Les Vitraux d'origine étaient l'oeuvre d'ALAIN CAP (1578-1644), grand verrier Lesnevien. Abîmés lors de l'incendie de 1708, ils ont été complètement anéantis en 1793. La plupart des églises du Léon et de Cornouaille lui doivent également leurs vitraux.
Les vitraux actuels sont l'oeuvre de M. HIRSH, artiste verrier. Ils datent de 1860-1868. Le vitrail du Couronnement date de 1889. On peut dire que leur intérêt est surtout fonction du joyau de granit dans lequel ils sont sertis. C'est le cas de la très belle rosace dominant l'autel majeur, véritable éventail de lumière colorée.

Les Autels sont en pierre de Kersanton, finement travaillée :

(1) L'AUTEL du ROSAIRE : Au-dessus de cet autel long de 3m et comptant 3 ogives, le vitrail représente la Sainte Vierge portant l'enfant Jésus remettant le scapulaire à Saint Simon Stock, et près de lui, Sainte Thérèse d'Avila.

(2) Le MAITRE-AUTEL : plus de 4 m de long avec ses 14 arcades, sa guirlande de vigne et de feuilles d'acanthe. Sur le vitrail, la Vierge remet le Rosaire à Saint Dominique (accompagné de Saint Vincent Ferrier et de Sainte Catherine de Sienne), et Salaün se balance sur son arbre. Les médaillons de ce vitrail représentent les 15 mystères du Rosaire.

(3) L'AUTEL EN BOIS SCULPTE : il est d'origine plus récent.

(4) L'AUTEL DES ANGES : dans ses arcades, est représentée une série d'angelots en robe longue et à la chevelure abondante et frisée. Sur le vitrail, Pie IX, entouré de Cardinaux et d'Evêques, proclame le dogme de L'Immaculée Conception en 1854.

 (5) L'AUTEL DU CARDINAL DE COETIVY : repose sur 3 colonnes surmontées de gracieuses arcatures trilobées à festons, portant des feuilles à leur pointe. Le quatrième grand vitrail au-dessus de l'autel évoque la légende du Folgoët. Entourant l'apparition de Marie à Salaün occupé à se balancer sur une branche d'arbre au-dessus d'un paysage où coule l'eau issue de la source cachée, dix panneaux illustrent les événements qui marquèrent l'existence du Fou du Bois .

A droite de l'entrée commandée par le porche des Apôtres, à l'extrémité du transept prolongeant l'abside un vitrail représente le couronnement de la Vierge du Folgoët, en 1888, couronnement qui donna lieu à des cérémonies imposantes suivies par des milliers de pèlerins.