La fontaine du Folgoët (XVè siècle)

Les FONTAINES ont toujours été associées aux origines chrétiennes de la BRETAGNE. Les MOINES EVANGELISATEURS choisissaient le lieu de leur ermitage ou de leur monastère auprès d’une source : ils faisaient une grande consommation d’eau pour leurs besoins domestiques, mais aussi pour leurs ablutions et les immersions. Et SALAUN, lui aussi, se plongeait dans l’eau de la fontaine.

Cette fontaine prend sa source sous le MAITRE-AUTEL. Au-dessus, une élégante arcade - entièrement restaurée au cours de l’année 1999 - abrite la statue de la Vierge portant l’Enfant Jésus dans ses bras. Malheureusement elle a été mutilée à la Révolution. Elle ne fut remise en place que vers 1837. Suite à des dégradations causées par des actes de vandalisme répétés, elle a dû être remplacée par une " copie ". Et la statue en granit a pris place à l’intérieur de la Basilique, dans un enfeu du bas-côté latéral sud.

    Autrefois, les paysannes du Léon qui avaient une grâce à demander à Notre Dame venaient s'y agenouiller. Les jeunes filles superstitieuses y jetaient une épingle à cheveux : si l'épingle surnageait, elles étaient assurées de trouver un mari dans l'année. Si l'épingle tombait au fond du bassin, tout espoir de mariage s'évanouissait. Certaines, dit-on, trichaient un peu en glissant un cheveu sous leur épingle pour la faire flotter!

    L’eau se déverse dans un bassin qu’on peut voir derrière le mur actuel, où l’on baignait les membres malades ou parfois les vêtements. Ainsi l’eau de la fontaine restait pure.Cependant, aucun des historiens du FOLGOET ne parle de ce bassin d’immersion. Et pourtant il existe, transformé d’ailleurs en lavoir pendant des siècles – bien avant la Révolution – sans doute pour les besoins du Séminaire des Aumôniers de la Marine ou de l’Hôpital Militaire.Il s’agit bien d’une piscine. En effet, les pierres plates pour le lavage du linge sont trop étroites pour un tel travail ; plus probablement, ces pierres ont servi de bancs sur trois côtés, pour les fidèles en prière durant les immersions.A preuve surtout, l’existence de deux pierres bordant le côté ouest, dont la partie supérieure est arrondie comme celles de la fontaine. Autre preuve, la GARGOUILLE sculptée à tête de dragon, soutenue par lesdites pierres, rejetant l’eau dans le bassin.

On peut souhaiter, qu’un jour, le mur séparant la FONTAINE de la PISCINE, disparaisse : on pourrait ainsi admirer d’un même coup d’œil, le chevet de la BASILIQUE et la FONTAINE.