La BASILIQUE NOTRE DAME DU FOLGOET

Au 14è siècle, deux familles luttent pour accéder au trône de Bretagne laissé vacant par le Duc JEAN III (mort en 1341). Il s'agit de:

JEAN de MONFORT, demi-frère du disparu, soutenu par son épouse Jeanne de Flandre et par le Roi d'Angleterre, EDOUARD III. Il trouve ses partisans en Basse-Bretagne et dans les villes.

et CHARLES DE BLOIS, épaulé par le roi de France, PHILIPPE VI, son oncle. Il est soutenu par le clergé, la Haute Bourgeoisie et le Penthièvre, fief de son épouse Jeanne de Penthièvre.

Charles de Blois est tué à la bataille d'AURAY, le 29 Septembre 1364.

JEAN DE MONTFORT reste donc seul maître du Duché sous le nom de JEAN IV.

L' histoire miraculeuse du Folgoët

Or, pendant que se déroulaient ces évènements, sur le territoire d'ELESTREC (nom initial de la paroisse avant de devenir GUICQUELLEAU au 17è siècle), vivait dans une clairière de la forêt lesnevienne qui fut d'ailleurs ravagée par un incendie en 1427, un homme nommé SALAÜN. Les habitants le nommaient familièrement "Le Fou du Bois" (Fol ar Coat).

Considéré comme un " innocent ", SALAÜN mendiait son pain de ferme en ferme. Il demandait l'aumône, en répétant inlassablement : "Ave Maria ! Salaun mangerait bien un morceau de pain ! "

Il aimait à se balancer sur la branche d'un arbre, au-dessus de la fontaine, et il chantait à pleine voix : "O O O O O O MARIA" (répétant six fois "O" avant de prononcer "Maria"). En même temps, il se plongeait dans l'eau jusqu'aux épaules, même au milieu de l'hiver, par mortification sans doute, comme les vieux saints de Bretagne qui avaient cette coutume et dont il avait peut-être retenu ce trait raconté à l'école.

      Sa mort survenue vers 1358 (à 48 ans) laissa les gens indifférents. Il fut enterré au village de Lannuchen qui occupe l'ancien emplacement du cimetière et de l'église d'Elestrec, près du manoir de Kergoff.

Mais peu de temps après sa mort, on découvrit sur sa tombe, près du chêne où il se balançait et de la fontaine où il trempait son pain, un lys sur lequel on lisait ces mots écrits en lettres d'or : " AVE MARIA ". En ouvrant la tombe, on constata que ce lys avait pris racine dans la bouche du défunt. Le miracle attira rapidement les foules et on voulut bâtir une chapelle sur la tombe de  " l'innocent ".

Averti des merveilles qui se déroulaient au FOLGOËT, JEAN IV de Monfort, pour se faire pardonner les exactions commises par ses alliés dans tout le Léon durant la guerre : pillages d'églises, de monastères, et pour accomplir son vœu d'édifier un sanctuaire à Notre-Dame, favorisa la construction de l'église actuelle.

On dit même que, dès 1365, il vint à Lesneven et au Folgoët, et posa la première pierre de l'édifice (d'après le Père Langouesnou, Abbé de Landévennec).

Mais les guerres qui survinrent à cette époque firent suspendre les travaux.

JEAN IV mourut en 1399 en recommandant à son fils JEAN V de continuer son oeuvre. D'après le même auteur, il vint au Folgoët en 1404 et les travaux recommencèrent.

En 1419, Monseigneur DE LA RUE, Evêque de Léon, bénit le Sanctuaire qui fut érigé en COLLEGIALE par JEAN V en 1423

 

ETAPES DE LA CONSTRUCTION

1365 : Pose de la première pierre par JEAN IV.

1370 : Arrêt des travaux à cause de la guerre de CENT ANS. Ils reprennent en 1404 quand JEAN V se rend à Lesneven. Il rassemble des ouvriers pour continuer le travail.

1419 : Les travaux sont presque terminés. D'après M. De Kerdanet, l'église aurait été construite de 1386 à 1418.

La légende raconte que, pour nourrir les ouvriers qui étaient payés un sou par jour (il en fallait 10 pour survivre), une vache leur fournissait son lait. Elle disparut mystérieusement à la fin des travaux.

La construction fut plutôt l'œuvre des corporations bretonnes. Quoi qu'il en soit, on admet généralement que la construction de l'église s'échelonne sur trois grandes périodes (Voir le livre de Coatlogon) :

La PREMIÈRE PÉRIODE voit s'élever la grande Tour avec son clocher et le mur Nord comprenant trois fenêtres et la porte dite de " Penmarc'h ", jusqu'à l'endroit où devait commencer un transept. Les travaux s'arrêtèrent vers 1370 et ne reprirent que 36 ans plus tard.

En 1404 commence La DEUXIÈME PÉRIODE (sous JEAN V). On élève la façade du Levant et le coté du Midi. JEAN V ordonne la construction du PORCHE DES APÔTRES.

On peut classer dans La TROISIÈME PÉRIODE tous les travaux d'art exécutés, soit à l'intérieur (le jubé, les autels), soit à l'extérieur (Le Porche occidental, aujourd'hui détruit, et l'achèvement de la deuxième tour). Le campanile qui la termine est attribué, selon les uns à ANNE de Bretagne, selon les autres à FRANCOIS 1er, roi de France. Il est de style Renaissance.

 QUELQUES DATES IMPORTANTES

1423 JEAN V érige l’église du FOLGOET en COLLEGIALE. Entre 1420 et 1434 il y vint 5 fois.

1427 A la demande de JEAN V et de l’Evêque de Léon, le PAPE MARTIN V met Notre Dame du FOLGOET au rang des BASILIQUES MINEURES. La même année, un incendie détruit la forêt du Folgoët et la charpente de l’église.

Le 7 décembre 1432 : JEAN V exempt " le domaine de la Vierge de tous impôts sur les boissons et marchandises débitées en ce lieu ".

1444 : Son fils, FRANCOIS 1er, confirme cette exemption.

1450 : PIERRE II, le 2è fils de JEAN V, et devenu DUC de Bretagne, vient rendre " hommage à la Très Sainte Vierge en cet asile de ses hermines sacrées ".

1453 : Fin de la GUERRE DE CENT ANS.

Le 10 juin 1462 : Le Duc FRANCOIS II, petit-fils de JEAN IV, fait un pèlerinage à Notre Dame, accompagné de son épouse, Marguerite de Bretagne.

1491 : La Duchesse ANNE, l’année même de son mariage avec le jeune ROI de France CHARLES VIII, vient passer huit jours à Lesneven et pèlerine au FOLGOET.

1494 : Alors que CHARLES VIII guerroyait en Italie, ANNE revient au FOLGOET.

1499 : ANNE de Bretagne revient au FOLGOET à l’occasion de son mariage avec LOUIS XII. Elle offre à Notre Dame ses robes de mariée.

1505 : Le 19 août, ANNE se trouve de nouveau au FOLGOET. Son second époux, le roi LOUIS XII, vient d’échapper à une très grave maladie. La Reine a fait un vœu. Elle vient s’en acquitter et implorer le secours de Notre Dame.

1518 : Cette dévotion de la Reine de France envers la Reine du ciel sera reprise par CLAUDE de France, sa fille. Le 20 septembre1518, accompagnée de son époux, FRANCOIS 1er, la fille de la Duchesse ANNE, vient admirer la dentelle de pierre du nouveau JUBE du FOLGOET ainsi que le PORCHE DES APOTRES.

1532 : Rattachement de la Bretagne à la France.

Le 9 juillet 1553 : HENRI II, fils de FRANCOIS 1er, donne une constitution à la COLLEGIALE  pour la singulière dévotion qu’il avait en l’honneur de Notre Dame et pour que l’église du FOLGOET fut bien policée, réglée et gouvernée.

1633 : L’église est endommagée par la foudre.

1636 : ANNE d’Autriche se recommande à Notre Dame du FOLGOET.

1681 : LOUIS XIV supprime la Collégiale et lui substitue un SEMINAIRE destiné à la formation d'AUMONIERS de la Marine et confié d'abord au Clergé diocésain.

1682 : Construction du séminaire par l’abbé MADEC (actuellement Ecole Primaire Privée)

1686 : Les JESUITES obtiennent du Roi la direction du Séminaire transféré à BREST. Les Pères, bien que ne résidant pas au FOLGOET, gardent l’acquit des Fondations.

1708 : Le sanctuaire est en partie détruit par le feu. Un ouvrier, chargé de la réfection de l’orgue, a oublié d’éteindre un brasero.

1762 : Edit d’expulsion porté contre les Jésuites. Le Roi leur enlève l’administration des biens du FOLGOET qui passe dans le régime des " ECONOMATS ". La gestion de ces biens est mise entre les mains d’un administrateur ou " Econome ". Ainsi ces biens retournent au Gouvernement qui en percevait les revenus mais en assumait aussi les charges.

1767 : Le SEMINAIRE est aménagé en HOPITAL.

 

PERIODE RÉVOLUTIONNAIRE

1791 : Expulsion et incarcération du dernier Chapelain. Le 23 juin, l’église est vendue à un étranger, le citoyen JULIEN, pour la somme de 11 385 livres et 5 sols.

10 MARS 1792 : Le district de LESNEVEN fait contrat avec un entrepreneur, à charge pour celui-ci de briser la grande cloche, de casser et descendre deux autres petites cloches.

1793 : " Les croix parmi les plus belles d’Europe, sont abattues ; les statues sont cassées, mutilées. On martela, on brisa les écussons avec fureur 

13 DECEMBRE 1794 : L’église est revendue au citoyen ANQUETIL, originaire de ROUEN. La BASILIQUE devient tour à tour : crèche, écurie, grange, caserne, et même Temple de la Déesse RAISON..
La statue en bois polychrome de Notre-Dame échappe au massacre : un brave paysan l’avait recueillie chez lui. Après cette période troublée, le Sieur Anquetil menaça de démolir l’édifice pour en utiliser les matériaux.Elle fut rachetée par un groupe de paysans aisés pour 12000 francs. Le contrat de vente fut signé le
25
AOUT 1810

De 1793 à 1840 : abandon complet de la Basilique, jusqu’à la visite de PROSPER MERIMEE.en 1835

1829 : LE FOLGOET devient " paroisse " à la place de GUICQUELLEAU. L’ordonnance royale porte la date du 23 AOUT 1829.

1888 : La Cérémonie du Couronnement de Notre-Dame du FOLGOET fut présidée par Monseigneur FREPPEL, évêque d’Angers et Député du Finistère, en présence des 4 autres évêques et d’une foule de 60 000 fidèles.                             

1902 : Erection du monument de Mgr .FREPPEL, près du Doyenné.

1913 : Cérémonie de clôture du CONGRES MARIAL, organisé par le Recteur à l’occasion du 25è anniversaire du Couronnement.

Vers 1920 : Construction de la " Chapelle des Pardons " sur la grande place.

La « Chapelle des Pardons » ( ou « L ‘oratoire ») a subi plusieurs transformations. L’édifice actuel date des années 1920, et à l’époque, il ne comportait pas de statue. Celle de la Vierge à l'Enfant qui s’y trouve actuellement , en pierre de Kersanton, est l’œuvre du sculpteur François Caujean, de Landerneau, prix de Rome, et a été offerte par Mme Hélou (mère de l’abbé Hélou). Elle a été bénite le 8 septembre 1943 par l’évêque d’Aix en Provence, Mgr. de la Villerabel, qui présidait le Pardon, et placée ensuite au fronton de la Chapelle des Pardons actuelle. Mme Yvonne Nédélec, originaire de Tréboul, a servi de modèle pour la Vierge, et sa nièce pour l’Enfant

 

La Chapelle des PARDONS